12.9.11

Where is my mind?

L'Homme à la blouse blanche sourit. Le mur craque. Fissure dans le temps. Le passé revient; j'hurle encore. La guerre est à l'intérieur. Et si la mère sautait par la fenêtre? Ne la retiens pas. J'attends. Que se passera-t-il? Tout est de ta faute. Mauvaise fille. Ma vie a changé. Pas la sienne. Cours! Fuis! Ne reste pas là. Ses os se brisent. Le sang coule de ses lèvres. Les bras se tendent vers le ciel. Je ne la rattraperai pas. Je n'ai jamais su le faire. L'Homme à la blouse blanche écrit. Borderline.
Mademoiselles, vos rôles sont échangés. La mère devient la fille. La fille devient la mère. Qui éduque qui ? En avez vous conscience. Ce n'est pas normal.
Ils ne nous auront pas. Cachée sous la table, je pleurs. Papa est rentré. Il n'aime plus maman. Elle a l'age de mon frère, mais c'est ma belle-mère. "Je ne reviendrai plus." Un Je t'aime long de six mille kilomètres. Tout est de ta faute, ma fille. Je frappe; frappe, frappe encore! Et le sang coule de mes veines.
L'Homme à la blouse blanche appelle. Emmenez là.
Cachets par ci, cachets par là. Elle ne pensera plus; Enfermée devant son propre reflet, elle ne se reconnaitra plus. Faites là dessiner, qu'elle oublie les couleurs. Qu'elle oublie la parole, les mots et les cris. Dors, petite enfant, dors.
Mais, Monsieur, dans le lit je ne suis jamais seule. Il est là et me touche. Il est là et me caresse. Mais, Monsieur, pourquoi me regardez vous? Ce n'est pas de ma faute. Ses points sur ma mâchoire. Ses doigts dans mes cheveux. Il transpire et colle. Je recrache. C'est mon âme qui s'envole. Sale, vous êtes sale! Et personne n'est là. Le lit tremble. Il reviendra la nuit prochaine. L'homme araignée, à l'affût dans la chambre, né d'un viol, d'un sacrilège. L'histoire se répète.
Et le sexe n'est pas tabou. Et les larmes s'envole. Poudre aux étoiles au fin fond du nez. Crack-ée jusqu'au bout. Mon reflet se tord. Ce visage n'est pas le mien. Et mes mains sur elles. L'enfant qui désirait être une femme. Les tambours cognent contre les parois de ma tête. Je suis une junkie. Une, encore une, et puis une autre. Que l'homme araignée ne me retrouve plus. Que le désir me prenne, que je prenne une autre. Le sexe pour le sexe, des étoiles artificielles plein les yeux. Le sourire figé, l'orgasme insaisissable. Comment t'appelles tu ? Sélène, Isabelle, Emanuelle. Je danse sur la table, monsieur, et je prends mon pied. Je baise, on me baise. Encore.
Combien?
Dix, vingt, trente et cent, monsieur. Je n'ai pas compté. Trop sale pour l'homme araignée. J'ai fuis.


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